Votre pharmacie pourrait bientôt fermer ses portes. Voici pourquoi.

March 29, 2026pharmia
Actualité
Votre pharmacie pourrait bientôt fermer ses portes. Voici pourquoi.

Un message de vos pharmaciens pour la population québécoise parce que votre accès aux soins nous concerne tous.


Ce que le gouvernement est en train de faire, et pourquoi ça vous concerne directement

En ce moment, à Québec, un amendement au projet de loi 15 est sur le point de changer la vie de chaque Québécois qui met les pieds dans une pharmacie, c’est-à-dire pratiquement tout le monde.

Le gouvernement s’apprête à plafonner les honoraires que les pharmaciens peuvent facturer aux assureurs privés. Dit autrement : on veut forcer les pharmacies à fonctionner avec des revenus qui ne couvrent même pas leurs coûts réels.

Ce n’est pas un débat abstrait entre politiciens et lobbyistes. C’est votre pharmacie de quartier qui est menacée. C’est votre accès aux soins qui est en jeu.

Ce qui va changer dans votre quotidien, concrètement

Votre pharmacie va fermer plus tôt

Vous avez l’habitude de passer à la pharmacie le samedi après-midi, ou en soirée après le travail? Si cet amendement passe, plusieurs pharmacies n’auront plus les moyens de rester ouvertes en dehors des heures de pointe. Les soirs, les fins de semaine, les jours fériés, les plages horaires où vous en avez le plus besoin seront les premières coupées.

Vous attendrez plus longtemps à l’urgence

Depuis les dernières années et avec l’avenue des projets de loi 31 et 41, votre pharmacien peut vous prescrire un antibiotique pour une infection urinaire, traiter votre conjonctivite, vous vacciner, ajuster vos médicaments. Des soins rapides, accessibles, sans rendez-vous. Si les pharmacies n’ont plus les moyens d’offrir ces services, ces patients retournent à l’urgence. L’urgence qui déborde déjà. L’urgence où vous attendez 12, 14, 18 heures.

Votre pharmacien de quartier va disparaître

Il y a 1 900 pharmacies communautaires au Québec. Certaines sont la seule source de soins de santé dans leur village. Si on coupe les revenus de ces pharmacies, ce sont les régions qui trinquent en premier. Pas Montréal. Pas Québec. Les petits villages où votre grand-mère va chercher ses médicaments pour le cœur, où le pharmacien est le seul professionnel de santé à 45 minutes de route.

Votre employeur va couper dans votre couverture d’assurance

Si le gouvernement plafonne ce que les pharmaciens peuvent facturer aux assureurs privés, les assureurs vont ajuster leurs grilles, mais pas nécessairement en votre faveur. L’effet domino est prévisible : les régimes d’assurance collective seront renégociés, les franchises augmentées, les couvertures réduites. Vous allez payer plus de votre poche pour les mêmes médicaments.

Votre pharmacien aura moins le temps de vous parler

Le pharmacien salarié qui prend cinq minutes pour vous expliquer les effets secondaires de votre nouveau médicament. La pharmacienne qui appelle votre médecin pour signaler une interaction dangereuse. Le pharmacien de famille qui connaît votre dossier par cœur depuis dix ans. Tout ça prend du temps et des ressources.

Les vrais gagnants : les assureurs et les multinationales, pas vous

On vous fait croire que cette mesure est dans votre intérêt. Pourtant, ce ne sont pas les honoraires de votre pharmacien qui font exploser vos primes d’assurance. Ce sont les coûts croissants des médicaments de spécialité, des traitements qui coûtent des dizaines de milliers de dollars par année et qui sont fabriqués par des multinationales pharmaceutiques.

Vos primes augmentent? C’est à cause de ces médicaments hors de prix, pas à cause du pharmacien qui vous sert au comptoir. L’AQPP le dit clairement : le vrai débat devrait porter sur la hausse du coût des médicaments, pas sur les revenus des pharmacies de quartier.

En s’attaquant aux pharmacies plutôt qu’aux véritables sources de pression sur le système, le gouvernement protège les intérêts des assureurs privés et des géants pharmaceutiques, et c’est vous qui en payez le prix.

Le paradoxe qui devrait révolter tout le monde

Le gouvernement a élargi le rôle des pharmaciens avec le PL67, une loi qui leur dit : « Vous êtes capables d’en faire plus. Prescrivez, prélevez, vaccinez, soignez. » Les pharmaciens ont accepté. Ils se sont formés. Ils ont investi.

Et maintenant, le même gouvernement s’apprête à couper leurs revenus. Concrètement, il leur dit clairement « Débrouillez-vous.»

C’est comme demander à un entrepreneur de rénover un immeuble au complet, puis lui dire qu’on ne paiera que la moitié de la facture, après que les travaux ont commencé.

L’impact financier que le gouvernement ne veut pas que vous voyiez

L’amendement représente une diminution d’environ 25 % des revenus des pharmacies communautaires.

Un quart des revenus. Disparu. Du jour au lendemain.

  • 25 % de revenus en moins, c’est 25 % d’investissements en moins : moins de personnel, moins de formation, moins de technologies, moins de services cliniques pour vous.
  • Cet écart de revenus ne vient pas de pharmaciens « gourmands ». Il vient du fait que les tarifs du régime public n’ont pas été indexés adéquatement depuis plus de 20 ans. Pendant ce temps, tout a augmenté : le loyer, les salaires, les assurances, les logiciels, la formation.
  • Au lieu de corriger le sous-financement chronique du régime public, le gouvernement choisit de niveler par le bas.
  • Pour une pharmacie typique, cette perte de revenus équivaut à devoir couper des postes, réduire les heures d’ouverture et abandonner les services que le PL67 leur demande justement d’offrir.

Qui est derrière cette mesure?

L’amendement a été proposé par le député solidaire Alexandre Leduc, adopté sans consultation avec les pharmaciens, sans préavis, et en plein milieu de négociations entre l’AQPP et le gouvernement.

L’AQPP s’est retirée de la table de négociation, un geste sans précédent. Son président, Benoit Morin, a qualifié l’amendement d’« énorme gifle ».

Les cas de « surfacturation » qui ont alimenté le débat médiatique touchent une poignée de joueurs dans les médicaments de spécialité. L’AQPP avait proposé des solutions ciblées pour régler ces abus. Le gouvernement les a ignorées et a choisi de punir les 1 900 pharmacies du Québec au complet.

Le milieu est unanime : c’est inacceptable

L’ensemble de la profession, propriétaires, salariés, indépendants, techniciens est du même côté. Les ordres professionnels, les associations, les bannières : personne ne soutient cet amendement. Parce que tout le monde sait que si les pharmacies tombent, ce sont les patients qui paient le prix.

C’est une profession entière qui sonne l’alarme pour protéger votre accès aux soins.

Ce que le gouvernement devrait faire à la place

La solution est simple : au lieu de couper les revenus des pharmacies, il faut augmenter les tarifs de la RAMQ pour refléter le coût réel des services pharmaceutiques en 2026, et s’attaquer aux véritables causes de la hausse des primes, les coûts des médicaments de spécialité et les pratiques des grands assureurs.

On ne répare pas un système sous-financé en appauvrissant ceux qui le tiennent debout.

Ce que vous pouvez faire

Partagez cet article. Montrez-le à vos proches, à vos collègues, à vos voisins. Plus la population comprend ce qui se passe, plus le gouvernement sera forcé de reculer.

Écrivez à votre député. C’est simple et ça prend deux minutes. Rendez-vous sur jappuiemonpharmacien.com pour envoyer une lettre directement à votre élu.

Demandez-lui :

  • « Est-ce que vous trouvez ça acceptable que j’aurai à attendre 18 heures à l’urgence pour une infection urinaire que mon pharmacien aurait pu traiter en 20 minutes? »
  • « Est-ce que c’est acceptable que je perde ma prise en charge par ma pharmacienne de famille de ma douleur chronique qui dure depuis des années? »
  • « Qui va ajuster les médicaments de ma mère atteinte de diabète si sa pharmacie de quartier ferme? »
  • « Ma pharmacie est ouverte jusqu’à 21 h, c’est le seul endroit où je peux aller après le travail, vous trouvez ça acceptable qu’elle ferme à 17 h? »

Parce que c’est exactement ce qui s’en vient si personne ne réagit.


Références